20 janvier 2022

J’ai voulu effectuer mon déplacement inaugural de campagne en Corse, une première je crois dans l’histoire de la Ve République. Le symbole est clair : il est temps d’en finir avec deux siècles de jacobinisme.

De Bastia à Corte, j’ai été chaleureusement accueilli par les responsables autonomistes, dont je connais certains depuis longtemps : Gilles Simeoni, président du Conseil Exécutif ; Michel Castellani et Jean-Félix Acquaviva, députés. Juriste, économiste ou historien de formation, ils portent un discours intelligent, construit, humaniste. Le « nationalisme » corse est tout sauf un nativisme. Il revendique une forme d’universalisme, un devenir-corse fondé sur la volonté d’appartenance, et accessible à tout nouveau venu.

Les Corses sont parfaitement fondés à demander une « autonomie de plein exercice et de plein droit », avec les responsabilités (notamment fiscales) qui l’accompagne
. Il s’agit simplement d’exercer des compétences naturelles dans le domaine de la langue, du foncier, de la gestion de l’eau ou des relations avec leur espace régional (l’archipel toscan, la Sardaigne, les Baléares…).

L’Etat central y reste obstinément hostile
, refusant de signer la Charte européenne des langues régionales, réaffirmant le rôle du préfet (pour délimiter les communautés de communes ou décider des investissements), bloquant l’émergence de services publics transfrontaliers. La population, qui a exprimé clairement ses préférences par la voie des urnes, perd patience…

Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de créer un statut spécial pour le « peuple corse » dans notre Constitution. Il suffit d’admettre que toute collectivité peut se réapproprier les compétences qu’elle souhaite, ce dont SIMPLE a fait un élément central de son projet. L’Alsace-Moselle jouit depuis le lendemain de la première guerre mondiale d’un régime d’exception extrêmement large, qui concerne non seulement la laïcité mais aussi le droit des assurances ou la fiscalité des successions : qui cela dérange-t-il ? Les Alsaciens se sentent-ils moins Français pour cela ? Pourquoi les autres régions, à commencer par la Corse, ne pourraient-elles bénéficier de la même latitude ? A quoi bon tous ces débats idéologiques surla République « une et indivisible », alors qu’à l’évidence les identités régionales, nationales et européennes peuvent se combiner harmonieusement ? N’est-il pas temps de faire revivre l’Europe des régions ?

J’ai également profité de ce déplacement pour discuter de notre proposition de revenu universel
. En effet, l’Assemblée de Corse a voté l’année dernière, à l’unanimité, en faveur de la mise en place d’un tel dispositif. Une expérimentation devrait être menée bientôt, sous la houlette de Marc de Basquiat, l’économiste qui a modélisé la proposition portée par SIMPLE et qui m’a accompagné à Bastia. Cette ambitieuse réforme socio-fiscale nécessiterait évidemment, là encore, que la Corse puisse reprendre un certaine nombre de compétences.

Que m’a dit le responsable du CCAS (Centre communal d’action sociale) ? Que l’essentiel du problème venait du non-recours aux droits. Le RSA comme la prime d’activité restent des mécanismes trop complexes. Notre revenu universel les fusionnerait en une seule allocation automatique. Que m’ont dit les valeureux travailleurs sociaux de Fratellanza, une association qui accueille de jour comme de nuit ceux quin’ont nulle part où aller ? Que 40% de leur temps était perdu en soutien administratif et qu’une personne tombée dans la précarité pouvait attendrejusqu’à 120 jours pour recevoir son premier RSA.

Notre revenu universel permettrait aux « accueillis », comme on les appelle ici, de se projeter dans l’avenir.

Autonomie locale, revenu universel, Europe des régions : la Corse montre la voie au continent !
  

14 janvier 2022

Le rapport tout juste publié de la Cour des Comptes sur le RSA, première évaluation rigoureuse du successeur du RMI, renforce ma conviction en faveur de l’instauration d’un revenu universel pour éradiquer la grande pauvreté. 

Le constat est sans appel. Le non-recours au RSA s’élève à 30% minimum. Les raisons : « manque d’information, complexité des conditions d’accès et des règles de gestion, stigmatisation sociale ». Autrement dit, la bureaucratie sociale qui exclut, embrouille et stigmatise. 

Par ailleurs, les associations dénoncent la « maltraitance administrative » lors des contrôles. Il faut en effet savoir que les inspecteurs des CAF débarquent à l’improviste dans les logements privés pour vérifier si, par exemple, les bénéficiaires vivent en couple (en quel cas l’allocation est réduite…). 

Mais les magistrats de la Cour, fidèles à leur tradition de mépris technocratique, renvoient les bénéficiaires au respect de la réglementation – comme si quiconque pouvait comprendre les modes de calculs et de versement du RSA aujourd’hui ! En guise d’illustration, voici le témoignage exclusif de Nathalie, une surdiplômée aujourd’hui sans ressources, qui raconte par le menu la misère administrative qu’elle subit… 

De plus, les magistrats réaffirment une logique paternaliste des « droits et devoirs ». Je ne vois pas en quoi garantir la survie dans une société prospère nécessiterait la moindre contrepartie. La déclaration des droits de l’homme et du citoyen ne s’appelle pas « déclaration des droits et des devoirs » ! 

Résultat, le rapport se refuse à envisager l’automatisation de l’allocation, qui serait pourtant la solution la plus simple et la plus digne. Ainsi, le revenu universel, une somme couvrant les besoins de base versée de manière individuelle, universelle et inconditionnelle, permettrait d’éliminer à la fois le non-recours et la fraude. En faisant confiance à l’individu pour connaître au mieux ses propres besoins…

Donner à tous, dès dix-huit ans, un vrai filet de sécurité stable et automatique, c’est le meilleur moyen d’encourager l’activité

11 janvier 2022

Ce lancement de campagne, je l’ai voulu sobre, comme les idées que je défends.

J’ai prononcé mon discours de candidature à Montilly-sur-Noireau, ma base normande, devant les gens du pays, mes amis proches et mes compagnons de route. Nous nous sommes rassemblés dans une grange ouverte, sous un toit de tôle et une pluie battante. Merci à tous les courageux venus au rendez-vous.

Mon discours, je l’ai retravaillé vingt fois pour qu’il exprime, en peu de mots, l’essence de ce que je défends depuis dix ans. C’est pour moi tout autant le début d’une histoire politique que la conclusion d’un cheminement intellectuel.

Rendez-vous sur les chemins de la campagne !