D’abord inspiré par le libéralisme classique, dans la lignée de Tocqueville, son tournant écologique dans les années 2020 le conduit à se rapprocher des auteurs anarchistes. Il défend l’autonomie locale, le revenu universel ou encore la transition agroécologique.
Sur le plan littéraire, il a évolué d’une écriture baroque dans son premier roman inspiré de Proust, Octave avait vingt ans (2004), à un naturalisme revendiqué dans Humus (2023) ou Aqua (2026).
Gaspard Koenig est élevé dans une famille de la contre-culture issue de mai 68. Sa mère, Anne-Marie Koenig, est critique littéraire et jardinière (Carnets d’un jardin, Grasset, 1994). Son père, Jean-Louis Hue, travaille comme journaliste au mensuel écologique Le Sauvage puis au Magazine Littéraire dont il devient le directeur de 2004 à 2010. Il publie des essais de facture poétique : Le chat dans tous ses états (Grasset, 1982), Histoire de la pluie (Grasset, 2017).
Gaspard Koenig étudie la philosophie en classes préparatoires littéraires au lycée Henri-IV puis à l’Ecole Normale Supérieure – Lettres et Sciences Humaines de Lyon. Il passe l’agrégation de philosophie en 2004, effectue une année postgraduate à Columbia University (New York), obtient son master sur la notion de système chez Condillac et commence à enseigner l’épistémologie à l’Université Lille-III. Il entreprend une thèse sous la direction de Frédéric Worms qu’il interrompt pour travailler comme plume au cabinet de Christine Lagarde (2007-2009) puis comme conseiller stratégique à la BERD à Londres (2009-2012). A partir de 2012, il se consacre professionnellement à l’écriture.
Gaspard Kœnig explique mettre ses idées à l’épreuve du réel.
De 2016 à 2020, il entreprend de nombreux reportages autour de la liberté dans le monde pour le magazine Le Point, qui l’amènent aussi bien à observer la démocratie directe en Suisse, les prisons ouvertes en Finlande, la légalisation du cannabis au Colorado, l’expérimentation du revenu universel au Brésil ou les progrès de l’Intelligence Artificielle aux Etats-Unis et en Chine. Ces reportages sont retranscrits et enrichis dans trois ouvrages : Les aventuriers de la liberté (Plon, 2016), Voyage d’un philosophe aux pays des libertés (L’Observatoire, 2018), Voyage d’un philosophe au pays de l’Intelligence Artificielle (L’Observatoire, 2019).
En 2020, devenu critique de la technologie et ayant quitté les réseaux sociaux, Gaspard Koenig entreprend un voyage à cheval à travers l’Europe, suivant l’itinéraire emprunté par le philosophe Michel de Montaigne en 1580. Cette randonnée de cinq mois en solitaire, sous le signe de l’hospitalité et des rencontres, le transforme intérieurement et lui permet d’explorer le thème de l’errance et de la fuite.
A son retour, Gaspard Koenig emménage dans le bocage normand. Son essai suivant, Agrophilosophie (L’Observatoire, 2024), prend comme point de départ sa propre expérience du jardinage pour retracer les rapports entre les philosophes et la terre.
Son œuvre romanesque se déploie en parallèle de son évolution intellectuelle. Kidnapping pose la question de l’identité européenne. L’Enfer, conte philosophique où un économiste se retrouve au « paradis » de la consommation et de la sollicitation perpétuelles, marque une condamnation nette du néolibéralisme. Humus et Aqua forment les deux premiers volumes d’une tétralogie autour des quatre éléments visant à ancrer les histoires humaines dans leur milieu naturel.
Humus marque un tournant dans la carrière littéraire de Gaspard Koenig. Le roman reçoit les prix Interallié et Jean-Giono et figure parmi les finalistes du Goncourt. Il dépasse les 100 000 exemplaires vendus. A l’occasion de la sortie d’Aqua (2026), Gaspard Koenig déclare considérer désormais le roman comme « le genre suprême, celui où l’on prend le plus de risques ».
Dans les années 2010, Gaspard Koenig tente de définir un « libéralisme total » à la fois sur le plan économique, sociétal et institutionnel, et à rebours de ce qu’il appelle le « capitalisme de connivence ». Il rappelle les origines historiques, françaises et révolutionnaires du libéralisme dans Le révolutionnaire, l’expert et le geek (Plon, 2015), où il plaide pour « l’autonomie » des individus. Il revendique l’influence de John Stuart Mill dont il préface une réédition. Il défend un libéralisme authentique, humaniste, contre :
Il appelle régulièrement à une « faillite de l’Etat » qui permettrait d’ouvrir une page blanche économique et institutionnelle à l’avantage des nouvelles générations.
Il crée en 2013 le think-tank GenerationLibre pour « défendre les libertés, toutes les libertés » et décliner cette philosophie sous forme de politiques publiques. GenerationLibre plaide en particulier pour le revenu universel (rapport Liber coécrit par Gaspard Koenig et Marc de Basquiat), la réappropriation des données personnelles, l’autonomie locale, la légalisation du cannabis, la réforme du système carcéral ou la garantie des droits et libertés individuels lors de la crise du Covid.
Au bout de quelques années, GenerationLibre se hisse dans les classements des « top think-tanks » mondiaux. Au bout de dix ans, en 2023, Gaspard Koenig en cède la présidence à la philosophe Monique Canto-Sperber avec qui il partage de nombreux combats.
Gaspard Koenig crée également un parti politique en 2021, SIMPLE, qui a pour vocation de « simplifier la vie » en divisant par cent le nombre de normes, selon une méthode baptisée « projet Portalis ». Il tient un premier meeting au Théâtre des Variétés, réunissant huit cents sympathisants, puis présente sa candidature à l’élection présidentielle, parfois classée parmi le « centre radical ». Il doit se retirer de la course faute d’avoir recueillir le nombre suffisant de parrainages. Le parti est dissous peu après.
Gaspard Koenig conclut de cette expérience que l’élection présidentielle au suffrage direct est une aberration démocratique, ce qu’il développe dans son essai Contr’Un. Il décide également d’abandonner l’usage du terme « libéralisme », qu’il considère « trop pollué ».
Sa pensée évolue alors vers la prise en compte de la biodiversité, en particulier celle qui se loge dans les sols. Il lit Henry David Thoreau, Elisée Reclus, Marc-André Selosse. Il s’attelle alors à « concilier écologie et liberté », dans sa vie à la campagne, dans ses romans comme dans ses écrits théoriques. Il tente de définir une « écoliberté » inscrite dans la logique relationnelle du vivant. Il estime cohérent d’être hostile à la bureaucratie et amoureux de la nature.
Ces considérations entraînent Gaspard Koenig à remettre en cause certains principes de l’économie libérale tels que le droit de propriété ou la croissance. Il promeut les communs, la transition agroécologique ou l’économie circulaire.
Gaspard Koenig se détourne toutefois de l’écologie politique qu’il juge contre-productive et appelle à renouer avec le « sentiment de nature ».
Il rencontre sa femme Andreea, d’origine roumaine, lors de son année d’études à New York. Elle est aujourd’hui Présidente du RC Lens féminin et Vice-présidente de la Ligue féminine de football.
Désormais, Gaspard Koenig ne prend plus l’avion, randonne à cheval pendant ses vacances et fauche son herbe.
Gaspard a enseigné la philosophie à Sciences-Po de 2015 à 2019. Il a également publié une newsletter de vulgarisation, Time to Philo (qui deviendra un livre aux éditions Larousse en 2017).
Gaspard Koenig tient une chronique hebdomadaire dans le journal Les Echos depuis septembre 2016.
Son roman Kidnapping a été porté à l’écran par Emmanuel Bourdieu, avec dans le rôle principal Nicolas Duvauchelle.
Son voyage à cheval a été filmé par le réalisateur Jacques Malaterre.
Gaspard Koenig apparaît également dans le film Jackie dans le rôle de Ted Kennedy.